Autour d’un échange sous forme de questions réponses, Arthur Guerin-Turcq, géographe, Joëlle Zask, philosophe, Thibaut Sardier, journaliste à Libération et président de l’ADFIG, et le capitaine Emmanuel Boileau des sapeurs-pompiers de Saint-Dié-des-Vosges, ont répondu aux questions de l’assemblée, ce samedi 3 octobre sous le chapiteau Amérigo, à l’occasion de la deuxième FAQ de ce FIG.
Alors que l’été 2026 a été secoué par des incendies ravageurs en Gironde, plus de 100 000 hectares sont partis en fumée entre mai et août partout sur le territoire français. Record historique pour 2026, la nouvelle année qui débutera en janvier prochain risque de connaître les mêmes phénomènes. Joëlle Zask met en garde : « Ce qui est grave c’est que l’opinion publique n’a pas changé. Nous devons cultiver une culture du feu pour mieux appréhender les prochains événements ». Elle poursuit : « Comment est-il possible, après avoir vécu un été si chaud avec des forêts qui brûlent, que le parti politique qui ressort en tête des scrutins pour 2027 soit un parti climatosceptique ? » Bonne question.
De son côté, Arthur Guerin-Turcq, marqué par la vitesse de propagation des feux causés par la sécheresse, craint que nous connaissions bien pire dans les années à venir. Mobilisé cet été, le capitaine des sapeurs-pompiers de Saint-Dié a recensé trois cents départs d’incendies dans les Vosges au cours des quatre derniers mois, aucun n’a dépassé les cinq hectares. Sans tabou et fort de son expérience, il répond au public très clairement : « Fumer et faire des barbecues dans la forêt ce n’est pas de l’imprudence, c’est criminel ».
« Le problème est aussi que la forêt est publique à certains endroits comme dans les Vosges et privée dans d’autres, dans les Landes par exemple », donc cela altère forcément les mesures environnementales au niveau national, « il n’y a pas d’uniformisation » regrette Arthur Guerin-Turcq.
Avec quelques touches d’humour malgré tout, les spécialistes sont revenus sur des événements dramatiques, rappelant d’ailleurs que le phénomène climatique naturel, El Niño, va occuper notre automne avant de connaître, sans doute, un été encore plus chaud que le précédent.




