La littérature pour mieux connaître la Bulgarie

Grâce au juriste Momtchil Milanov et à la traductrice Marie Vrinat-Nikolov, l’histoire de la Bulgarie a été évoquée ce samedi 3 octobre au grand salon de l’hôtel de ville déodatien.

« Une salle aussi pleine pour la littérature bulgare, je n’ai jamais vu ça ! » s’est exclamée Marie Vrinat-Nikolov, enseignante et traductrice de la langue slave. Doté d’un pouvoir de catalyseur des littératures des pays qu’il invite, le Festival International de Géographie a une nouvelle fois produit son effet ce samedi 3 octobre, au grand salon de l’hôtel de ville de Saint-Dié-des-Vosges.

Bien qu’intéressante, l’histoire de la Bulgarie, pays slave du sud-est de l’Europe, voisin de la Serbie, de la Croatie ou encore de la Slovénie, souffre d’une certaine méconnaissance du grand public. « Nous ne sommes pas très bons pour nous présenter au monde », a d’ailleurs ironisé, avec un humour bulgare, Momtchil Milanov. Ayant bourlingué entre Sofia, sa ville natale, Paris, Bruxelles et Genève avant de s’installer à La Haye où il vit actuellement pour des raisons professionnelles, le juriste explique que cette méconnaissance peut être liée à « la décapitation en 1944 de l’élite bulgare, qui voyageait ». « La Bulgarie a souffert de son image d’enfant très sage de l’URSS. Mais elle s’est aussi mise de côté pendant les deux grandes guerres mondiales », ajoutait Marie Vrinat-Nikolov.

Pour raconter l’histoire bulgare, certains auteurs ont fait le choix de la littérature. Grâce à son roman, récompensé par le prix Plume 2022, rare distinction littéraire du pays, Momtchil Milanov, auteur du Ministère des Rêves (Les Argonautes), propose une fable politique de la société bulgare. Sous le prisme de l’imaginaire du jeune Stern, le roman défend la liberté de penser, explore le passage à l’âge adulte et propose une allégorie historique dénonçant les dérives des régimes autoritaires bulgares, passés et présents.

Initialement prévue pour cette rencontre, Joanna Elmy dresse également un portrait de la société bulgare dans son ouvrage Porter la faute (Le Bruit du monde), traduit par Marie Vrinat-Nikolov. Oscillant entre les États-Unis et la Bulgarie, l’auteure a rédigé un roman polyphonique mettant en scène Yana, sa mère et sa grand-mère. Cette dernière a survécu à la violence totalitaire du régime et des hommes ; sa mère a été confrontée à l’alcoolisme de son mari, tandis que la cadette a dû faire face au déracinement de l’exil.

Deux livres, deux histoires différentes, mais une seule et même volonté : populariser l’histoire de ce pays slave qui mériterait d’être davantage connue.