Autour d’un échange avec Dolorès Bertrais, paysagiste-urbaniste, Lisa Hab revient sur sa BD « Les gens qui sont nés quelque part ». Un livre « pas forcément militant » au ton féministe, écologiste, et optimiste. Prix de la BD géographique 2026, l’auteure en dit un peu plus sur son bouquin.
Quatre ans, c’est le temps qu’il a fallu à Lisa Hab pour faire sortir de terre sa BD. Elle commence le dessin à plein temps en essayant de travailler à côté pendant un an, puis le manque de moyen financier l’oblige à redoubler d’efforts. Aujourd’hui son livre est lauréat du prix de la BD géographie 2026, un accomplissement pour la Savoyarde.
Après des études à Paris, elle s’installe en Ardèche dans un village de quatre cents habitants, entre les résidences secondaires jamais habitées et les domaines viticoles. Ici, elle commence à dessiner la réalité de la ruralité. « Mes amis parisiens ont une vision très romancée de la vie rurale ». Elle ajoute : « On a peu de récits de nos quotidiens en ruralité ». Dans son livre, on suit le quotidien de plusieurs personnages, une future agricultrice, des chasseurs ou encore une citadine héritière d’une maison secondaire que rien ne destine à s’installer à la campagne. Avec un ton volontairement optimiste et une grande justice, Lisa Hab raconte un monde rural peu représenté en bande dessinée.
Des couleurs chaudes et des dessins qui débordent, l’auteure confie qu’elle « n’aime pas trop les cases ». Lisa Hab, une dessinatrice devenue auteure, nouvelle plume récompensée pour son premier ouvrage, qui interroge les notions d’appartenance, de solidarité, de justice et les frontières invisibles entre « ceux qui sont nés quelque part » et ceux qui arrivent d’ailleurs.



