Le paysage version Jean-Marc Besse

Avec ses multiples casquettes, Jean-Marc Besse a tenté de définir le paysage au cours d’une conférence organisée à la Tour de la Liberté le samedi 3 octobre.

Comment avoir un plus bel écrin que la salle principale de la Tour de la Liberté pour parler du paysage ? Des montagnes à droite et à gauche, des bâtiments, des monuments religieux ou encore des espaces verts en composent le panorama. Une réalité qui fait de suite écho aux propos de Jean-Marc Besse, ce samedi 3 octobre. Philosophe, historien, directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), membre du laboratoire Géographie-cités et encore directeur de la revue Les Carnets du paysage, l’homme ne souhaite pas arrêter la question du paysage à un cadre.

« Il y a une objectivité et une substantialité du paysage qu’on ne peut pas réduire à notre vue », explique-t-il. Pour lui, il est impossible de dissocier les paysages avec l’histoire. « Ce n’est pas qu’un décor mais c’est un renvoi à l’histoire des sociétés. Il nous permet de sortir d’un dualisme entre nature et culture et entre nature et société. »

Parce que oui, le paysage se vit. Il n’a pas pour objectif d’être seulement observé. « Ce n’est pas seulement un objet ou un espace dans lequel nous vivons mais un espace que nous vivons », affirme Jean-Marc Besse. Autrement dit, il est la résultante de nos activités quotidiennes (courses, trajets, etc.).

Devant un public captif, le conférencier a également affirmé que « le paysage est aussi le regard de l’État », qu’il « est fabriqué par les instituions politiques à différentes échelles ». Plus concrètement, cela se traduit par la mise en place d’autoroutes, de barrages, de TGV, de centrales nucléaires et tout autre choix politique interne à un pays mais aussi par les conflits avec les opérations de maîtrise, de conquête et de lutte.

Pour autant, le temps filant, Jean-Marc Besse constatait une dégradation de l’expérience paysagère. Un problème quand on sait que le paysage est « un éducateur et un instituteur du réel », et qu’en faire son expérience « permet de retrouver une forme d’attention au réel », une attention plurielle au sens d’être attentif, de faire attention et d’être attentionné.

De quoi poser la question, titre de la conférence : peut-on encore croire au paysage ?