Pour sa traditionnelle séance inaugurale du vendredi à l’Espace Georges-Sadoul, l’organisation du Festival international de géographie a laissé carte blanche à Jean-Luc Arnaud, historien et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Un peu plus tôt dans la journée du vendredi 2 octobre, Victoria Kapps, directrice du Festival, soulignait qu’un événement annuel devait se renouveler au fil du temps pour perdurer. Quelques heures plus tard, les paroles ont été liées aux actes. La séance inaugurale, qui s’est tenue dans son habituel antre, l’Espace Georges-Sadoul, n’était pas un entretien, mais une carte blanche donnée à Jean-Luc Arnaud, historien, spécialiste des cartes et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Au cours de son intervention, cet historien-chercheur a raconté l’évolution de la carte en partant… d’une carte blanche. Comprenez une photographie représentant un paysage enneigé vu d’en haut. Anecdote mise à part, l’intervenant est parti du postulat que la relation entre les cartes et le paysage est « plurielle et complexe ».
Comment représenter le plus fidèlement possible un paysage sur une carte ? Le premier à apporter une véritable avancée, en s’inspirant du travail cartographique de Claude Ptolémée, est Jean-Dominique Cassini, un astronome qui a ouvert la voie à la mathématisation de la cartographie en proposant un système de points de repérage.
S’ensuivront plusieurs améliorations avec l’apparition de la couleur et la représentation des reliefs, ce qui amènera, petit à petit, à séparer la conception des cartes en plusieurs métiers (géodésiens, topographes, dessinateurs, etc.). Mais ces évolutions concernant cet « objet de prestige et signe de pouvoir », comme le définit Jean-Luc Arnaud, vont connaître un coup de frein, avant que la militarisation n’apporte de nouvelles précisions, notamment sur les reliefs. Puis viendra la numérisation, qui associera les différents métiers liés à la conception d’une carte.
Tout au long de son intervention, l’historien-chercheur n’a pas oublié de centrer les différentes cartes sur Saint-Dié (ou Saint-Diey à une époque) afin d’illustrer ses propos. Une initiative qui n’a sûrement pas déplu au maire de la ville, Bruno Toussaint, au président de la communauté d’agglomération, Claude George, et au préfet des Vosges, Blaise Gourtay, tous trois intervenus en préambule de cette carte blanche.



