Ce vendredi 2 octobre, Philippe Rekacewicz et Irène Hirs ont décrypté la double nature de la cartographie. Loin d’être un reflet neutre du réel, ce support est en réalité un outil puissant de représentation capable d’influencer notre vision du monde.
La carte : un outil de connaissance et de conscience
La conférence, intitulée « La cartographie entre science, art et manipulation », a débuté par une définition fondamentale. Si la carte se compose visuellement d’aplats de couleurs, de formes et de légendes, elle montre d’abord ce qui est invisible à l’œil nu. Selon Philippe Rekacewicz et Irène Hirs, elle se met au service à la fois des connaissances (par les données) et des consciences (par la représentation de l’espace). Toutefois, les deux experts ont tenu à mettre en garde le public contre les apparences parfois trompeuses de ces outils.
« La carte, c’est une machine à rêves »
Le cœur de l’intervention a porté sur la remise en question de la neutralité cartographique. Pour Philippe Rekacewicz, la cartographie dépasse la représentation, elle est un “positionnement politique et social” destiné à orienter le savoir.
Une idée fondamentale a d’ailleurs marqué les esprits : “les cartes innocentes n’existent pas”. Faut-il pour autant accuser les cartographes de manipulation ? Pas exactement. Il s’agit plutôt de comprendre que toute carte, bien qu’appuyée par des données, reste subjective et appelle à l’interprétation.
Une persuasion inévitable
En conclusion, pour Philippe Rekacewicz et Irène Hirs, la carte est la représentation d’enjeux majeurs, qu’ils soient politiques, sociaux ou scientifiques. Au-delà de son caractère parfois “invasif “, souligné par Irène Hirs, elle reste un outil persuasif par essence : elle nous “vend” une idée, une vision subjective et construite du monde.




