Littérature
Biographie
Julien Vitores est sociologue et enseigne à l’Université Sorbonne-Paris-Nord. "La nature à hauteur d'enfants" est sont premier livre, tiré de sa thèse "La socialisation par la nature : usages des biens naturels et reproduction des rapports sociaux dans l'enfance" qu'il a soutenue en 2023.
Bibliographie
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La nature à hauteur d'enfants - 21/08/2025 - La Découverte - Dès la petite enfance, notre rapport à la nature se façonne, mais pas de la même manière pour toutes et tous. Julien Vitores a mené une enquête immersive auprès d’enfants de trois à six ans, dans trois écoles maternelles en France. Captivant, nourri d’observations et d’entretiens avec des enfants, des parents et des enseignants, son livre bouscule par sa mise en lumière des inégales conditions d’accès et d’appropriation du monde naturel. Il offre un éclairage indispensable sur la genèse des inégalités et invite à repenser l’éducation à la nature. Curieux et sensibles, les enfants seraient tous spontanément attirés par la nature, source infinie d’éveil et d’apprentissages. C’est oublier un peu vite les processus sociaux qui favorisent cette rencontre. Quels parents ont les moyens de s’approprier ces précieuses ressources pédagogiques ? Pour promouvoir quels usages ? Et comment les enfants se saisissent-ils de ce qui est mis à leur disposition ? Pour repenser la nature à hauteur d’enfants, Julien Vitores a enquêté auprès d’élèves de trois à six ans et de leurs parents, en classe et au cours de sorties scolaires. Sur trois terrains – une école du nord de Paris, un établissement privé de l’Ouest parisien, la maternelle d’une commune rurale du sud de la France –, il a longuement observé des rapports à la nature socialement très différenciés, en particulier à l’occasion de jeux d’identification et d’activités de dessins commentés. Acquérir le goût de l’effort en montagne ou le sens de l’observation en scrutant des insectes, apprendre à nommer les animaux ou les considérer comme des personnages, s’enthousiasmer pour la coupe des arbres ou déclarer vouloir les câliner contribuent à (re)produire des rapports au monde socialement situés, des ethos de classe ou des dispositions genrées. Très tôt conscients de ne pas être tous logés à la même enseigne, les enfants poussent parfois leur avantage. À rebours des discours sur une nature neutre et à la portée de tous, l’auteur révèle les logiques de distinction à l’œuvre dans ces premières découvertes. Sans nier l’intérêt de ces apprentissages et de la sensibilisation à la préservation de l’environnement, il invite à tenir compte des inégalités sociales en acte afin d’envisager la nature et l’école comme de véritables biens communs au service d’un projet émancipateur. |