Salon du Livre
Biographie
Nina Leger enseigne aux Beaux-Arts de Marseille où elle vit. Mémoires sauvées de l’eau est son quatrième roman. Nina Leger a reçu en 2017 le prix Anaïs-Nin et le prix littéraire de la Vocation pour son roman Mise en pièces.
Bibliographie
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Mémoires sauvées de l'eau - 22/08/2024 - Gallimard - « J’ai tout mélangé et tu l’avais senti venir, j’ai mélangé mon histoire à d’autres, mes raisons à d’autres, mes tristesses à d’autres, mes pertes à d’autres. Je voulais croire que j’avais une mission alors que je ne faisais qu’aimer et rêver d’être aimée en retour. À Oroville, j’ai vécu deux années d’amitié merveilleuse et exigeante. Une amitié qui m’apprenait des choses, qui n’était pas une effusion, mais une amplification de chacune par l’autre. J’ai flingué ce que j’aimais. Un jour, je te raconterai. Il fait trop bleu ici et tout est trop inexorable. Il n’y a que des contours, pas de nuances. La brume me manque, tu me manques. » En 1848, de l’or est découvert dans la Feather River, cours d’eau du nord de la Californie. Une ville naît, baptisée Oroville ; la ruée vers l’or commence. En 2020, Thea, géologue venue à Oroville pour travailler en aval du gigantesque barrage désormais construit sur la Feather River est chassée de la ville par l’avancée des méga-feux. Alors qu’un monde vacille, les violences qui le fondèrent remontent à la surface. La dévastation écologique et l’extermination des populations natives causées par la ruée vers l’or apparaissent à Thea dans toute leur brutalité quand elle apprend que son ancêtre anthropologue étudia un homme connu comme le « dernier Indien sauvage » des États-Unis, ultime survivant des massacres perpétrés à Oroville. Entourée de femmes aimées — une écrivaine de science-fiction, une descendante native, une ingénieure coréenne — Thea tente de penser les failles de l’histoire. Le chant ancien de la rivière se mêle à ces voix d’un présent bouleversé pour faire entendre l’épopée grandiose et misérable d’une civilisation qui a construit en détruisant, au point de préparer sa propre ruine. |