Thème 2026 : « paysage »

Le paysage : un enjeu commun derrière la carte postale

Certains mots invitent facilement au vagabondage de l’esprit. Paysage fait partie de ceux-ci. Juste en le prononçant, chaque personne peut immédiatement se projeter loin dans l’espace et dans le temps, ou au contraire dans l’espace tout proche. En effet, le paysage est aussi celui du quotidien et de l’ordinaire, vu tous les jours depuis sa fenêtre. L’esprit voyage avec le paysage, mais c’est bien le corps tout entier qui est impliqué.

Le paysage s’arpente, se traverse, en engageant l’ensemble des sens. Ressentir, se figurer ou se souvenir d’un paysage, c’est aussi lui associer des ambiances, des sons, des odeurs, ou encore des textures singulières. Le paysage s’appréhende d’après des sensations et se raconte en mobilisant toute une palette d’émotions.

Le paysage a quelque chose de très personnel, relevant de l’intime, que l’on emporte avec soi, en le dessinant, le photographiant, le filmant ou en l’imprimant dans sa mémoire. Il relève également du collectif, partagé avec d’autres, humains comme non-humains. Au fil du temps, des paysages ont acquis une certaine valeur, en particulier esthétique, mais aussi marchande. Et pourtant, les paysages marquants des uns ne sont pas à coup sûr ceux des autres. Certains sont estimés, prisés, d’autres déconsidérés ou délaissés.

En cela, le paysage est à la fois un objet et un enjeu politiques, que l’on ne soupçonne pas nécessairement. Derrière la carte postale idéalisée ou un décor fantasmé, le paysage est avant tout un espace vivant, dynamique, façonné par des choix, des tensions, des arbitrages. Dans le contexte de l’Anthropocène, le paysage se fait le révélateur des multiples crises environnementales et sociales. Il nous oblige à réfléchir collectivement à notre impact, à nos responsabilités, notamment vis-à-vis des plus vulnérables, et à imaginer des futurs harmonieux.

Pays à l'honneur 2026 : Bulgarie et Roumanie

Bulgarie et Roumanie : comprendre l’Europe autrement

En octobre 2026, nous serons à la veille du vingtième anniversaire du plus grand élargissement qu’ait connu l’Union européenne. Commencé en 2004, il se poursuit en 2007 avec l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie. C’est à partir de ces deux pays que le FIG souhaite revenir sur deux décennies d’intégration et cerner les forces, les faiblesses et les attentes actuelles de l’Union, dans un contexte géopolitique inédit de crises et de conflits en Europe. Comment l’entrée par la Bulgarie et la Roumanie peut-elle enrichir notre compréhension de l’Europe ?

Ces deux pays ont de nombreux points communs qui font l’intérêt d’une analyse conjointe : entrés ensemble dans l’espace Schengen le 1er janvier 2025, leur situation les place comme interface sur la mer Noire, cœur d’une géopolitique fragmentée, et en position d’entre-deux entre l’est et l’ouest de l’Europe. Ils ont aussi en partage, sur une partie de leur frontière commune, le Danube et ses enjeux environnementaux majeurs. Les contrastes des recompositions territoriales après l’adhésion, la variété des paysages -des campagnes aux montagnes- ou encore les conséquences de l’affaissement démographique nous invitent aussi à explorer les différences entre ces deux pays d’une autre Europe, encore mal connus.

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