Quand la Géo habite sa Ville

Christian PierretUne grande date que ce vingt-cinquième mois d’octobre de notre FIG ! «Notre» parcequ’il appartient à tous les Déodatiens qui savent si bien accueillir et renseigner les festivaliers qui viennent de toute l’Europe et de bien au-delà. «Notre FIG», aussi, parcequ’il a redonné - en un quart de siècle - à la Géographie l’espace imminent qui lui revient sur le grand continent des Sciences humaines, où elle n’est plus l’auxiliaire de l’Histoire, alors qu’elle a conquis

une plus grande autonomie et que les géographes l’ont rendue indispensable à l’explication du monde et au décryptage de l’actualité.

Sur tous les thèmes, si divers, qui dilatent l’espace géographique de la petite Europe à l’échelle de la planète toute entière, les géographes répondent à l’appel de l’humanisme, ouvert et tolérant, savant mais accessible à tous, qui ont permis depuis 1990 à plus d’un million de festivaliers de se cultiver et d’apporter leurs idées dans la cité de Jules Ferry. Ils ne l’auraient pas pu sans l’engagement du personnel municipal, ni sans l’aide de nos mécènes publics et privés à qui nous devons tout.

Cette année encore, la communauté géographique va nous ravir l’esprit avec la question du savoir vivre-et-habiter notre monde : la maison des hommes, abri contre les infortunes du climat, refuge contre les risques naturels ou les aléas sociaux, lieu de construction de la cellule familiale qui reste la base des sociétés sur tous les continents, havre d’accueil de l’Autre dans le partage de ses différences. Oui «habiter» est bien plus que «se loger» : il y a un intérieur et un extérieur de la maison, il y a un immeuble et la rue, il y a le quartier et la ville, le beau quartier et le bidonville, le Nord et le Sud, le logement urbain et la maison rurale, ce que l’on montre et ce que l’on cache là où on habite, ce qui est autorisé et ce qui est prohibé. Le coeur du vivre ensemble se lit à travers la césure entre espace public et espace privé et bien des différences, qui conduisent à tant d’inégalités sociales, se révèlent à l’observateur comme des clefs de l’explication des évolutions ou des tensions historiques et sociétales.

Notre invité d’honneur, les îles britanniques, nous offrira à cet égard une excellente leçon de choses de ces contradictions dynamiques que nous trouverons aussi bien en Irlande, en Ulster, qu’à Edinburgh où dans le grand Londres. Des Shetland aux îles Scilly nous trouverons mille raisons, mêmes... gastronomiques et oenologiques, d’aimer Albion, non pas la perfide mais l’amicale. Et l’alliée si cordiale !

Christian Pierret

Président-fondateur du FIG