DUTEURTRE Benoit
© Assouline Opale Leemage Payot & Rivages
 

DUTEURTRE Benoit

 

Il est le fils de Jean-Claude Duteurtre et de Marie-Claire Georges et arrière-petit-fils du président René Coty par sa mère.

Il entre à Saint-Joseph, établissement privé d'enseignement catholique du Havre. Dès l'âge de quinze ans, il présente ses premiers textes à Armand Salacrou, auteur dramatique établi au Havre, qui l'encourage à poursuivre ses efforts.

À seize ans, Benoît Duteurtre est passionné de musique. Très attiré par la musique contemporaine, il considère alors Pierre Boulez comme un maître. En 1977, il commence des études de musicologie à l'université de Rouen. La même année, il rencontre Karlheinz Stockhausen et l'année suivante, Iannis Xenakis. En 1979, Duteurtre étudie un mois avec György Ligeti. Il obtient sa licence de musicologie.

Parallèlement, Duteurtre continue d'écrire. En 1982, il fait parvenir à Samuel Beckett un texte intitulé Nuit. Beckett demandera au jeune homme de le publier dans la Revue des Éditions de Minuit. Dans le même temps, Duteurtre est monté à Paris et joue du piano pour le festival musical du Printemps de Bourges, au théâtre des Amandiers (à Nanterre). Il joue également pour Paris Latino, un tube de l'été. Il est également vendeur au BHV, sondeur, et joue du piano pour accompagner des cours de danse.

Le premier roman de Duteurtre, Sommeil perdu, est publié en 1985 ; il est alors journaliste pour plusieurs journaux parisiens.

Duteurtre découvre New York en 1990 et tombe sous le charme. Il expliquera avoir tiré de cette expérience une meilleure compréhension du comportement de la France envers les États-Unis. Il y rencontre Bruce Benderson, un écrivain américain, avec qui il se lie d'amitié.
Son roman L’Amoureux malgré lui est publié en 1989, suivi par Tout doit disparaître en 1992. Dans cette œuvre Duteurtre raconte à travers son personnage - un jeune homme qui a raté sa vocation de musicien et se lance dans le journalisme - les expériences personnelles de son activité journalistique et de critique musical. Il envoie ce roman à Guy Debord qui lui répond amicalement en ces termes : « Il vous a suffi de voir le même siècle et sa sorte d'art, vous l'avez ressenti justement. » Tout doit disparaître révèle également les questions que se pose l'auteur sur la musique contemporaine, en particulier sur l'évolution de la musique classique française de la fin du XXe siècle et les raisons pour lesquelles cette musique ne peut s'attirer un large public. Ces idées seront présentées plus tard dans son essai Requiem pour une avant-garde.

 

DUTEURTRE BenoitDernière publication

La nostalgie des buffets de gare, DUTEURTRE Benoit, éditions Manuels Payot, 2015

Résumé

Ce bref essai raconte la transformation des trains et des gares. Il montre comment un service pratique et bon marché, desservant l’ensemble du territoire, s’est reconverti en entreprise calquée sur le modèle aérien avec ses réservations obligatoires, ses offres low cost et ses galeries commerciales.

Décrivant ses errances dans les « trains déclassés » et ses attentes infinies gare Saint-Lazare, Benoît Duteurtre nous fait voir le revers du TGV. Il ne cache pas sa nostalgie des buffets de gare (transformés en Starbucks Coffee) ou des wagons-lits (sacrifiés sur l’autel de la rentabilité). Mais, surtout, il bouscule certaines urgences de notre société comme le démantèlement des services publics, la passion des marques, l’obsession sécuritaire ; tout ce qui contribue à asservir nos vies en éliminant la part d’imprévu et de poésie.