PELOT Pierre
© David Ignaszewski-Koboy
 

PELOT Pierre

 

Né en 1945, Pierre Pelot a signé plus d’une centaine de livres, du polar à la SF, en passant par la BD. Il est l’auteur notamment de L’Été en pente douce, C’est ainsi que les hommes vivent (prix ErckmannChatrian), Méchamment dimanche (prix Marcel Pagnol), L’Ombre des voyageuses, Maria, La Ville où les morts dansent toute leur vie.

 

PELOT PierreDernière publication

Elle qui ne sait pas dire je, PELOT Pierre, éditions Héloïse d'Ormesson, 2014

Résumé

Une vieille femme qui ne parle plus, un garçon bourru en quête d’un trésor caché, un mort emportant son secret dans la tombe, un mari désespéré à la recherche d’un remède miraculeux, et elle, elle qui ne sait pas dire je, sauvage et rêveuse, inéluctablement liée à tous ces destins par un don mystérieux…

Un roman dense, tellurique, avec des accents de Faulkner dans la polyphonie et la restitution des patois, ou bien de Sand pour ces paysages d’une France rurale, ancestrale, où rôde une magie dont on ne sait si elle ne porte pas en fait le nom de la folie. Les personnages mâchonnent sans fin leur « rengaine », tandis que le lecteur est pris dans le tourbillon qui avance en cercles concentriques et répétitifs, dans une incantation hypnotique.

« Mique pouvait rester des heures immobile. Fermée. Elle était capable de cela, au moins, et depuis longtemps, depuis toute petite. Elle ne se souvenait pas de la première fois. Mais toute petite, oui. Elle avait parfois l’impression troublante de n’avoir pas grandi, de s’être arrêtée un jour, définitivement : ce n’était pas agréable et la sensation flottait en lisière de peur. Elle n’avait jamais appris, ni toute seule ni avec l’aide de qui que ce soit. C’était venu très ordinairement, en fait, si bizarre qu’elle puisse trouver le phénomène, quand elle y réfléchissait après coup ; cela s’était installé en elle sans qu’elle y prenne garde, un peu comme on s’aperçoit un matin que l’hiver est fini. Ça lui appartenait. Elle avait cette faculté de s’installer à loisir sur le bord du temps. »