MOUTON Antoine
© Mathieu BOURGOIS
 

MOUTON Antoine

 

Antoine Mouton est né en 1981. Il a publié, depuis 2004, quatre livres (nouvelles et poèmes) aux éditions La Dragonne et Les Effarées, dont Au Nord Tes Parents, Prix des apprentis et lycéens de la région PACA. Le Metteur en Scène Polonais est son premier roman, arrivé par la Poste aux éditions Bourgois. Antoine Mouton travaille actuellement comme libraire au théâtre de la Colline à Paris. Il écrit pour les revues Trafic et Jef Klak.

 

MOUTON AntoineDernière publication

Le metteur en scène polonais, MOUTON Antoine, édition Bourgois, 2015

Résumé

À l'origine, une idée simple : que se passerait-il si un livre changeait tandis qu'on ne le lit pas ?
Idée a priori plaisante, mais qui rendra fou le metteur en scène polonais, auquel un directeur de théâtre parisien a confié la tâche d'adapter pour la scène le roman d'un auteur autrichien, roman dont les personnages et les situations disparaissent d'une lecture à l'autre.
Les répétitions parisiennes sont catastrophiques : un interprète alcoolique traduit pour les comédiens français les invectives du metteur en scène polonais, un comédien engagé n'a pas été distribué, le spectacle durera huit heures, le budget a été largement dépassé, une grosse armoire trône au milieu du plateau...  
Le récit tente de réunir les éléments ayant conduit le metteur en scène polonais à se comporter de la sorte. Nous traversons ainsi différentes époques à ses côtés : la mise en scène des Démons de Dostoïevski dans un stade de football en Pologne ;  l'héritage inattendu d'une armoire léguée par une inconnue désignée sous le nom de madame X, activement recherchée par un détective portugais ; le voyage en Autriche jusqu'au château dont il est question dans le roman de l'auteur autrichien, en compagnie de tous les comédiens sauf un laissé à Varsovie, ainsi que de l'armoire ; et la première folie du metteur en scène polonais, survenue vingt ans plus tôt, à cause de la disparition de sa femme, laquelle revint un an plus tard sans jamais avouer ce qu'elle a fait lors de cette année passée loin de lui.

Nous suivrons, dans la déchéance du metteur en scène polonais, bon nombre de personnages :
- la grande actrice française à laquelle on aurait dû donner le premier rôle mais que le metteur en scène polonais s'ingénie à cacher sous une fourrure en fond de scène ;
- le directeur du théâtre, qui voulait pour une fois prendre un risque, mais qui ne pensait pas que le désastre serait tel ;
- la femme du metteur en scène polonais, cloîtrée dans sa chambre d'hôtel à Paris, lisant des livres et buvant du thé à longueur de journées ;
- le philosophe grec, logeant dans le même hôtel que le metteur en scène polonais, venu en France avec ses chiens parce qu'il ne pouvait pas se résoudre à les laisser à Athènes, étant donnée la situation en Grèce, et dont la place dans cette histoire semble d'abord anecdotique avant de devenir primordiale (car tout finit toujours par la Grèce).
Les personnages sont autant de figures qui se révèlent comme dans un jeu de cartes, abattues sur la table, aussitôt recouvertes, et remises en jeu pour le coup final. Entre eux et le metteur en scène polonais, il n'y a plus de discussion possible, seulement quelques œufs durs. Dans la poche du metteur en scène polonais se niche une impressionnante quantité d'œufs durs, que ceux qui devraient négocier, parlementer ou sermonner, préfèrent soudain partager avec lui plutôt que de lui faire le moindre reproche.

Ce roman peut être lu comme un conte, prenant pour décor le milieu du théâtre, afin d'ouvrir à un état des lieux européen plutôt fantasque - c'est l'humour qui prédomine ici.
Il s'agit également d'une quête. Celle d'un homme devenu détective de ses propres pensées, dont les défaillances sont autant de ressorts comiques ou dramatiques, permettant des sauts extravagants dans le temps et dans la logique. Pour cet homme qui tente de comprendre ce qui lui échappe, à chaque fois il s'agit de tout dire, mais à chaque fois quelque chose fait défaut.

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