GREENE Virginie

 

Née en 1959 à Molsheim, Virginie Greene fait des études de littérature et d’histoire à Strasbourg puis à Paris. En 1987, elle part “pour un an” aux États-Unis, travailler comme assistante de recherche de Philip Kolb, éditeur de la correspondance de Proust. Vingt-quatre ans plus tard, elle y vit encore, mais cultive de multiples liens avec les Vosges. Après avoir obtenu un doctorat de littérature française médiévale à l’Université d’Illinois, elle enseigne à Harvard. Elle a publié Le Sujet et la Mort dans La Mort Artu (Nizet, 2002), une traduction en français moderne du Débat sur le Roman de la Rose (Champion, 2006). Elle a écrit les notices biographiques des correspondants de Proust publiées dans Marcel Proust : Lettres (1879-1922) (Plon, 2004). Elle est l’auteur d’articles en français et en anglais sur la littérature médiévale. Dans l’article “Three Approaches to Poetry” (PMLA, Janvier 2005), elle amalgame critique littéraire et écriture littéraire en décrivant concrètement trois expériences de lecture. Cent vues de John Harvard est son premier livre de création.

 

GREENE VirginieDernière publication

Cent vues de John HARVARD, GREENE Virginie, éditions de l'Attente, 2011

Résumé

Prendre des photos mentales et faire du tourisme sur le lieu de son quotidien sont des pratiques minimalistes qui permettent de ressaisir l’ici et maintenant, de garder l’œil neuf et les sens en éveil. Ces cent vues sont des instantanés de mémoire qui déclinent une des icônes de l’identité américaine au rythme des saisons et des menus événements dont le monument et la narratrice se retrouvent témoins.

Extrait

14 novembre, deux heures moins dix

Je suis entrée dans le Yard par la petite porte qui donne sur l’église blanche. Ainsi, je me suis approchée de la statue frontalement. De loin, John Harvard paraît petit et isolé au centre de la grande façade grise d’University Hall. Il y avait beaucoup de monde qui allait et venait à travers les pelouses, mais personne devant lui. Je me suis avancée jusqu’à mi-distance entre la porte et University Hall et j’ai attendu. Plusieurs personnes sont passées devant John sans lui prêter attention. Un couple s’est arrêté brièvement. Un petit groupe est arrivé, s’est arrêté, a continué, puis est revenu en arrière. L’un des quatre a pris la photo des trois autres devant le piédestal. Cela avait l’air d’une arrière-pensée : « Puisqu’on y est… » Comme cela faisait bien dix minutes que j’étais plantée au milieu du Yard sans appareil photo ni caméra, j’ai repris un air affairé, initié, et j’ai passé mon chemin.

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