ROLIN Olivier
Crédit photo : Hermance Triay
 

ROLIN Olivier

 

Il a l’âme voyageuse, toujours sur le départ, les yeux vers le large… Mais de retour toujours. C’est qu’il aime les retours, Olivier Rolin, et c’est certainement ce qui fait un bon marin ! Ecrivain, journaliste, Rolin s’est forgé à la gauche prolétarienne jusqu’à la dissolution du groupe maoïste en 73 ! Puis la découverte de Proust, Céline, Faulkner, Homère… continueront de marquer le futur auteur de « Tigre en papier », prix Femina en 1994 pour « Port-Soudan ».

 

Ecrivain qui compte, il est cependant en marge, préférant le large aux institutions. Dépaysé, il marche toujours pour essayer de dire le monde. « Et le monde c’est un combat de taureaux ou une courtisane nue sur sa couche, un buveur d’absinthe… une voie de chemin de fer… un bouquet de pivoines, tout ça sans distinction, sans hiérarchie, le monde est un pervers polymorphe, un spectacle foisonnant et trivial… où la beauté jaillit parfois de la laideur ». Ce serait donc ça qui fait courir Rolin sur le cirque du monde : la recherche d’une certaine beauté… Rolin aurait pu aussi être chercheur d’or… Il aurait pu être pilote de chasse, a été révolutionnaire, mais est devenu écrivain, moins dangereux ! Quoique… L’auteur de « Bakou » est de ces auteurs qui sauvent leur peau en écrivant…

Se défendant de la figure du militant, et préférant celle du romantique ou de l’aventurier, Olivier Rolin a construit une œuvre comme on construit un monde, une terre « sur laquelle se produisent acrobates, magiciens, bêtes fauves et dompteurs, clowns, hommes et femmes… Et l’écrivain aspire à tous ces rôles. »

Il présentera au FIG son documentaire sur une forteresse-prison des îles Solovki, en Russie (qui posséda une bibliothèque de 30 000 volumes sur la piste desquels il s’est lancé) et son dernier livre, à paraître le 2 octobre, sur la vie d’Alexeï Vangengheim, victime de la déportation comme des millions d’autres innocents sous Staline, figurant parmi les centaines de milliers qui furent alors fusillés. Un scientifique, créateur et premier directeur du service de météorologie de l'URSS, en 1929. On suit ainsi, du début jusqu'à la fin, la vie d'une victime de la terreur stalinienne.

L’ambition de l’écrivain est donc de dire la beauté du monde, mais aussi ses horreurs.

Olivier Rolin sera au FIG cette année !

 

Dernière publication

Le météorologue, édition Seuil 2014