PASTOUREAU Michel© Astrid Di Crollalanza  

PASTOUREAU Michel

 

Historien, spécialiste des couleurs, des images, des emblèmes et du bestiaire, Michel Pastoureau est directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études, où il a occupé pendant trente-cinq ans la chaire d’histoire de la symbolique occidentale. Il a publié de nombreux ouvrages, dont plusieurs ont été traduits dans une trentaine de langues. Parmi ses principales publications au Seuil : L’Étoffe du Diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés (1991) ; Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental (2004) ; L’Art héraldique au Moyen Âge (2009) ; Les Couleurs de nos souvenirs (prix Médicis Essai 2010) ; Bestiaires du Moyen Âge (2011) ; Tympans et portails romans (2014) ; Le roi tué par un cochon (2015) ; Les Couleurs expliquées en images (en collaboration avec Dominique Simonnet, 2015).

 

Dernières publications

PASTOUREAU MichelRouge, histoire d'une couleur, éditions Seuil, 2016

Résumé

Le rouge est en Occident la première couleur que l’homme a maîtrisée, aussi bien en peinture qu’en teinture. C’est probablement pourquoi elle est longtemps restée la couleur « par excellence », la plus riche du point de vue matériel, social, artistique, onirique et symbolique.
Admiré des Grecs et des Romains, le rouge est dans l’Antiquité symbole de puissance, de richesse et de majesté. Au Moyen Âge, il prend une forte dimension religieuse, évoquant aussi bien le sang du Christ que les flammes de l’enfer. Mais il est aussi, dans le monde profane, la couleur de l’amour, de la gloire et de la beauté, comme celle de l’orgueil, de la violence et de la luxure. Au XVIe siècle, les morales protestantes partent en guerre contre le rouge dans lequel elles voient une couleur indécente et immorale, liée aux vanités du monde et à la « théâtralité papiste ». Dès lors, partout en Europe, dans la culture matérielle comme dans la vie quotidienne, le rouge est en recul. Ce déclin traverse toute l’époque moderne et contemporaine et va en s’accentuant au fil du temps. Toutefois, à partir de la Révolution française, le rouge prend une dimension idéologique et politique. C’est la couleur des forces progressistes ou subversives, puis des partis de gauche, rôle qu’il a conservé jusqu’à aujourd’hui.
Soutenu par une abondante iconographie, cet ouvrage est le quatrième d’une série consacrée à l’histoire sociale et culturelle des couleurs en Europe. Rouge. Histoire d'une couleur fait suite à Bleu. Histoire d’une couleur (2000), Noir. Histoire d’une couleur (2008) et à Vert. Histoire d’une couleur (2013).

 

PASTOUREAU MichelL'Ours, éditions Seuil, 2007

Longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours. Dès les premiers temps du Christianisme, l’Église s'efforça de faire descendre l'ours de son trône. Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l’Église contre l'ours pendant près d'un millénaire : massacre de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l'auteur ne s'arrête pas au Moyen-Age. Inscrivant l'histoire culturelle de l'ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu'à nos jours a survécu à son ancienne dignité royale.
Le livre se termine ainsi par l'étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d'une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l'homme du Paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l'ours, de même l'enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut-être son premier dieu.

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