Vitrines de la Géographie - 2016

Programme des projections

Cette vitrine « Films de géographes » met à l’honneur le travail des géographes qui troquent le stylo pour la caméra et qui analysent, grâce au cinéma, les transformations des paysages et des sociétés. Les films documentaires ainsi réalisés – objets artistiques autant que scientifiques – explorent de nouvelles formes d’écriture et ouvrent de nouveaux territoires pour la géographie et les géographes.
Toutes les projections des films de cette vitrine ont lieu au Foyer du Temple. La table ronde (dimanche 2 octobre à 13 h 30) aura lieu à l’INSIC. L’entrée est libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

La durée des débats est de 20 à 30 minutes.

Coordination de la vitrine : Yann Calbérac (Université de Reims Champagne-Ardenne)

 

Vendredi 30 septembre 2016

 

14 h - Bx46 de Jérémie Brugidou et Fabien Clouette - 74 minutes

Bx46, fait de trajectoires et de stations, choisit de passer entre trois lieux. Le marché au poisson de New York, légendaire et récemment déplacé dans le Bronx, mais dont il reste encore l’écorce vide au sud de Manhattan. Le Vernon C. Bain Correctional Center : une barge à quai en face de l’île carcérale de Rikers. Et le Metropolitan Waste Transfer Facility. Pour entrer dans le cœur de ces lieux, les jeunes cinéastes font parler ceux qui y travaillent, ces manutentionnaires communément appelés journeymen. Un voyage donc, mais presque immobile, au milieu des poissons, des outils, des légendes.

 

15 h 30 - Mémoire ferroviaire d’un territoire de Marc Guiochet - 80 minutes + débat

Assis près d’une fenêtre d’un compartiment de train, le paysage des images du documentaire nous fait voyager dans le temps. Les premiers paysages s’étirent pour nous raconter l’arrivée du train dès la fin du XIXème dans cette bourgade de Biars-sur-Cère (Lot). Comprendre l’histoire de la ligne ferroviaire comme celle de Brive/Aurillac, c’est aussi comprendre le monde qui nous entoure ; la société du XXème siècle, celle du progrès, de la vitesse, de la rentabilité… Qu’en est-il aujourd’hui de cet esprit cheminot et de sa relation au travail ? Quelles sont les politiques publiques en matière de transport en commun, plus précisément en milieu rural ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Le film fait la part belle aux récits des hommes et au verbe, ponctué d’images d’archives, de textes et d’une ambiance sonore originale. Il pose tranquillement sa temporalité pour mettre en évidence la nécessité de se rappeler et de tenter d’éclairer ce que l’on vit aujourd’hui. Prendre le temps ce n’est pas nécessairement le ralentir, c’est d’abord envisager de poser ensemble notre regard au plus loin du paysage qui arrive…

 

17 h 30 - Collégiens des îles  de Laura Corsi et Louis Brigand - 26 minutes + débat

Le magazine ID-îles réalisé par deux géographes de l'Université de Bretagne Occidentale présente les résultats du programme de recherche ID-îles consacré à l'entrepreneuriat insulaire sur les îles du Ponant. La présence d'écoles et de collèges apparaît comme un enjeu essentiel pour le maintien des populations insulaires, mais comment ces territoires s'organisent-ils en dépit des faibles effectifs d'élèves? Et ces jeunes insulaires, comment voient-ils leur île et son avenir ?

 

18 h 30 - Si je t’oublie Opunohu de Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer - 54 minutes

Dans la vallée d’Opunohu, au centre de l’île de Moorea (Polynésie française), il y a plusieurs cours d’eau. Mais une seule rivière conduit jusqu’au rivage, les autres n’y mènent pas. Alors, si l’on n’a pas trouvé le chemin du retour, il faut continuer à chercher. A travers ces rivières et ce difficile « chemin du retour », Punitai Teihotaata évoque aussi en filigrane l’histoire de cette terre, dont il connaît tous les secrets, et le chemin étroit que suivent les gardiens de la mémoire culturelle – entre préservation des savoirs, transmission et déperdition. La vallée d’Opunohu fut autrefois le refuge d’une population importante et elle reste un lieu de rayonnement culturel. Dans les années 1990, la population de Moorea s’est mobilisée contre un projet de golf international qui aurait privatisé ce lieu de vie et de mémoire. Jusqu’à aujourd’hui, elle reste vigilante, craignant toujours la transformation d’un pays en un simple paysage, offert aux regards des touristes mais vidé de sa substance. Punitai Teihotaata, orateur de Papetoai, le village voisin, a reçu de ses parents une connaissance intime des vents, des chemins et des mémoires enracinées dans ces lieux. De la terre à la mer, il nous accompagne dans un voyage au cœur de la mémoire culturelle polynésienne, avec tous ceux qui la font vivre et travaillent à transmettre aux jeunes générations une conscience à la fois culturelle et écologique. Des associations font vivre aux écoliers polynésiens cette relation profonde qui les relie à leur environnement, par des chants, des danses et la redécouverte de la navigation traditionnelle. À l’école primaire aussi, on apprend désormais le ‘orero, un art oratoire polynésien traditionnellement réservé aux anciens, mais qui est devenu l’une des voies par lesquelles les jeunes polynésiens peuvent aujourd’hui reprendre goût à la pratique des langues tahitiennes et redécouvrir l’histoire de leurs îles.

 

Samedi 1er octobre 2016

 

9 h - Images et imaginaires de la mobilité en Chine de Jérémie Descamps et Frédéric Henriques - 30 minutes + débat (animé par Sylvie Landriève)

Au cours des cinquante dernières années, en Chine, les importants investissements publics dans les infrastructures de transport, le boom économique du pays et l’affaiblissement du contrôle de l’Etat sur les déplacements quotidiens et les migrations ont favorisé un bouleversement spectaculaire des mobilités, qui se sont à la fois multipliées et transformées (vitesses de déplacement, modes de transport, motifs, fréquence…), en particulier entre les espaces ruraux et les villes et au sein de ces dernières. Comment les Chinois urbains d’aujourd’hui perçoivent-ils ces transformations ? Quel est leur impact sur les modes de vie, mais aussi les imaginaires et les aspirations des Chinois ? En quoi cela révèle-t-il la manière dont la modernité est appréhendée en Chine?

 

10 h - Ile de Batz de Laura Corsi et Louis Brigand - 26 minutes + débat

Le magazine ID-îles réalisé par deux géographes de l'Université de Bretagne Occidentale présente les résultats du programme de recherche ID-îles consacré à l'entrepreneuriat insulaire sur les îles du Ponant. Par rapport à sa superficie, l'île de Batz est la plus productive des îles du Ponant, avec une activité agricole et maritime encore très importante. Comment ce territoire insulaire est-il organisé pour parvenir à maintenir cette structure économique ?

 

11 h - Mérapi, d’un monde à l’autre de Marie Chenet et Florian Geyer - 50 minutes + débat

Java (Indonésie), automne 2010, le volcan Merapi, le plus peuplé au monde, connaît l'une des plus importantes éruptions du siècle. Plusieurs villages sont dévastés et la population est évacuée pendant de longs mois. Quatre ans après, la vie a repris. Les activités agricoles traditionnelles ont laissé la place au tourisme et à l'extraction de sables volcaniques. Les flancs du volcan sont devenus un véritable Eldorado et les modes de vie ont profondément changé. Merapi, ou comment un territoire touché renaît de ses cendres.

 

14 h - La ville sur les rails : l’utopie de la métropole de Christian Lallier - 52 minutes + débat

L'étalement urbain a fait perdre le sens à la ville ! Dès lors, un nouvel urbanisme à émergé, bien décidé à remettre la ville sur des rails : autrement dit, de repenser le territoire urbain par le développement des transports ferrés. Selon cette perspective, les gares ne seraient plus des gares mais des "pôles d'échanges » : des centres d'interconnexion qui focaliseraient, sur un seul site, les flux de communication par la jonction des réseaux du tramway, du métro, du train de banlieue, du tram-train et du réseau grandes lignes (TGV). En d'autres termes, l'espace urbain se polariserait autour des gares qui seraient conçues comme des nouveaux lieux de vie. L'urbanisme par le rail permettrait ainsi de lutter contre l'étalement urbain en favorisant la gouvernance territoriale face à la périurbanisation. Mais, cette ville sur des rails s'apparente à une nouvelle utopie : celle d'une métropole parfaitement organisée autour d'un quadrillage de transports en commun régulant les activités de chacun dans la fluidité d'un temps urbain apaisé...

 

15 h 30 - MURAT, le géographe de Maurizio Memoli, Francesca Governa et Raffaele Cattedra - 70 minutes + débat

MURAT, le géographe – acronyme de Multiplicity Urban Representational Amazing Theory – est un nom collectif qui représente toutes les personnes qui ont participé à ce film-recherche. Qu'est-ce qu'une ville et comment change-t-elle ? Un géographe italien débarque à Marseille pour effectuer une recherche sur un des plus importants chantiers de régénération urbaine des dernières décennies en Europe : Euroméditerranée. Il va habiter la Belle de Mai, un quartier qui a une ancienne tradition ouvrière, puis commerciale, localisé aux marges du grand projet et qui n’est pas (encore ?) investi directement par la grande transformation urbaine. La rencontre avec cet espace et ses habitants, avec les pratiques ordinaires et du quotidien qui s'y déroulent, mettent en crise les certitudes du chercheur, et de « sa » géographie. En regardant Marseille de là, de ce petit territoire, marginal et faisant figure de « réserve urbaine », ses catégories conceptuelles et ses modèles d'interprétation s'avèrent inefficaces et inutiles.

 

17 h 30 - D’une ligne à l’autre de Sabine Delhi - 9 minutes + débat

De l’acte de tracer à l’élévation du mur. Limites, frontières, territoires, propriétés, migrants, exclusions, rencontres. Qu’est ce que ça veut dire que tirer un trait ?

 

18 h - Baobabs entre terre et mer de Cyrille Cornu - 56 minutes

Par leur taille impressionnante et leurs formes originales, les baobabs figurent parmi les arbres les plus remarquables. Encore mal connus à Madagascar, les géants sont actuellement menacés par la déforestation. Pour les étudier au coeur de leurs forêts, Cyrille Cornu et Wilfried Ramahafaly partent en pirogue à balancier explorer 400 kilomètres de côtes sauvages et isolée dans l'ouest malgache. Le film relate l'expédition. Il dévoile les nombreuses découvertes, rencontres et résultats scientifiques des deux explorateurs dans une partie de l’île très peu étudiée. Il présente des baobabs et paysages qui n’avaient pour la plupart jamais été filmés ni même photographiés.

 

19 h - Incentives de Roxanne de Flore - 14 minutes

C’est aux franges des villes - moteurs de la croissance - que des hectares de terres sont vendus pour l'implantation de projets immobiliers. En Inde, les ventes sont généralement réalisées dans une grande discrétion par l'intermédiaire d'agents privés : les brokers. Comment ces agents contribuent-ils à cette transition rapide vers l'industrialisation ? Connus au XIVè s. pour leur activité de médiation et leur aisance dans les négociations commerciales, ces intermédiaires bénéficient également d'une réputation associée à la fraude et à la tricherie. Kamban, jeune autodidacte, raconte son parcours et les ambiguïtés qui continuent à peser sur sa profession. Comment le métier de broker devient-il accessible ? Dans quelle mesure la négociation se mêle aux procédures institutionnelles : quels sont les codes oraux, les documents écrits et les croyances religieuses qu'il faut respecter ? Réalisé dans le cadre d'un doctorat en urbanisme, ce film contribue à l'analyse des micro-logiques et stratégies individuelles indissociables du montage de projets.

 

19 h 15 - Blue sky from pain de Stéphanos Mangriotis, Yacinth Pavlides et Laurence Pillant - 15 min

Depuis le début des années 2000, des milliers de migrants sans papier venus du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie sont enfermés en Grèce après avoir franchi la frontière gréco-turque clandestinement. Bien que les lieux dans lesquels ils sont placés aient évolué, l’enfermement demeure la modalité de « gestion » de ces arrivées. A travers le récit d’un migrant détenu, ce film parcourt des lieux de privatisation de liberté aujourd’hui abandonnés. Il donne à voir le quotidien de l’enfermement tout en utilisant la matière de ces lieux, et les traces laissées. Il y a là une tentative de raconter l’enfermement passé pour parler un phénomène toujours présent.

 

Dimanche 2 octobre 2016

 

9 h - Le pays des fourrures de Dominique Simonneau - 52 minutes + débat

Le Pays des Fourrures, ou l'éloge de la lenteur d'une traversée à ski de la Taïga et de la Toundra du grand-nord canadien à la découverte du territoire des trappeurs. Une authentique aventure contemporaine inspirée par un Voyage Extraordinaire de Jules Verne. Au départ, il y a ce roman de Jules Verne, Le Pays des Fourrures: en 1859 des officiers de la Compagnie de la Baie d'Hudson sont missionnés pour aller fonder une factorerie sur les rives de l'océan glacial arctique à l'extrême Nord du Canada. Près de 150 ans après ce Voyage Extraordinaire, le roman devient aventure vécue. Tels les héros de Jules Verne, lorsque les froids intenses maintiennent lacs et rivières en une glace bien solide, deux skieurs traversent la taïga et la toundra du Grand Nord canadien. Seuls, en totale autonomie, ils emportent dans leur pulka, sorte de traîneau tracté par l'homme, les 90 kg de matériel et de nourriture nécessaires aux 35 jours prévus. Le roman de Jules Verne en main, une troisième aventurière s'immerge au «pays des fourrures» en compagnie des chasseurs et trappeurs du Grand Nord pour mener une enquête inédite: quelle est la vérité géographique et historique du roman, que sont devenues les traditions de trappe et de chasse des descendants des « Indiens » et des « Esquimaux » qui peuplaient ce territoire décrit par le romancier au XIXe siècle ? D'anciens « Bay's Boys » lui ouvrent ainsi leur malle à souvenirs et témoignent du rôle de la Compagnie de la Baie d'Hudson encore toute puissante il y a 50 ans à peine. Jules Verne, entouré de ses cartes et documents, emmène le spectateur suivre les tribulations arctiques de ses héros, incarnées par l'aventure moderne des trois explorateurs au cœur d'un territoire exigeant, authentique, envoûtant.

 

10 h 30 - The colour of the sea de Keina Espiñeira - 28 minutes + débat

The Colour of the Sea is a documentary film performed in participatory action with their protagonists. It registers a filmic border experience happening in Ceuta. After a long journey departing from Guinea Conakry, Aliou, Diakité and Boubacar find themselves immobilized in this EU-African city. Crossing the Strait of Gibraltar is uncertain, it can take months and even years. Meanwhile, they are settled in the Centre of Temporary Stay for Immigrants (CETI).

Le film est en anglais sous-titré en français.

 

11 h 30 - La ville récréative vue par les enfants de Dunkerque de Anne-Solange Muis et Jérémie Schellaert - 13 min + débat

En préparation à l'exposition sur la « Ville récréative » dirigée par Thierry Paquot et organisée par la Communauté Urbaine de Dunkerque, des ateliers participatifs et créatifs ont été imaginés par Anne-Solange Muis afin de recueillir la perceptions et les usages de la ville à travers le jeu des enfants de l'agglomération (classes de CM1 et CM2). Ce petit film de 12 min réalisé par Jérémie Schellaert et Anne-Solange Muis, retrace la démarche entreprise et les perceptions des enfants autour du jeu dans la ville.

 

13 h 30 - Table ronde à l'InSIC « L’écriture filmique en géographie » animée par Yann Calbérac (Université de Reims Champagne-Ardenne) avec Louis Brigand (Université de Bretagne Occidentale), Marie Chenet (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Béatrice Collignon (Université Bordeaux-Montaigne), Laura Corsi (Université de Bretagne Occidentale) et Anne-Solange Muis (géographe indépendante).

 

15 h 15 - Guerriers de la paix de Julien Mathis et Colette Riehl - 75 minutes + débat

Chroniques vidéo d’une mémorable aventure humaine, ou comment quarante ans d’ethnologie en Amazonie française par un instituteur là-bas, puis professeur ici, amorce le voyage en Alsace de vingt Amérindiens, les Teko. Souvenirs composites des danses, chants, objets, projections et débats, offerts par nos cousins français, venus présenter leur culture à l’Université strasbourgeoise et dans le Ried muttersholtzois. Impressions d’Éric Navet, chercheur émérite de l’esprit et de l’imprécis. Trace singulière d’une odyssée humaine et plurielle, scientifique et culturelle. Nos sociétés se transforment... Une époque s’achève pour les sciences de l’homme, pour cet ethnologue, pour les Teko... Une autre commence...

 

17 h 15 - Souvenirs de la Gehenne de Thomas Jenkoe - 56 minutes

En 2002, J.D. charge sa carabine et parcourt Grande-Synthe à la recherche de personnes issues de l’immigration. Sa folle odyssée se termine par le meurtre d’un Maghrébin de 17 ans. Plus de dix ans après les faits, le film suit la route empruntée par le tueur et confronte la ville et ses métamorphoses à la voix de J.D., reconstituée d’après le dossier d’instruction de son procès.

 

18 h 15 - Naoshima (Dream on the tongue) de Claire Laborey - 67 minutes

NAOSHIMA (dream on the tongue) est la traversée d'une petite île japonaise de la mer intérieure de Seto. Depuis les années 90, elle est menacée d’exode, sa population décroît et vieillit, son industrie périclite.
 Sous l'impulsion d'un impressionnant projet de mécénat d'art contemporain, Naoshima se transforme. Les lignes pures et atemporelles des trois musées conçus par Tadao Ando, les œuvres d'art contemporains in situ se fondent dans le paysage, dispersés le long de ses rivages, à l'ombre de sa forêt. 
La présence de l'art inquiète, fascine, inspire, dérange et devient le cœur palpitant de l'île. 
À travers le récit d'un rêve ou d'un souvenir, se dessine une île où la présence de l'art jaillit d'une nature primitive et résonne avec la permanence fragile des traditions et rites quotidiens. Elle bouscule les représentations des habitants et les confronte à cette obsédante question : qu'est-ce que la beauté ?

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