ADLER Laure

Présidente du FIG 2018

Laure ADLER

Conseillère culturelle de François Mitterrand de 1990 à 1992, productrice des Nuits magnétiques sur France Culture, qu’elle dirigera un temps, éditrice chez Plon, présentatrice du Cercle de Minuit, elle anime aujourd’hui sur France Inter, L’heure bleue du lundi au vendredi à 20 h. Laure Adler, journaliste, philosophe et écrivain, est avant tout une femme engagée.

Elle n’est pas de celles qui se taisent. Laure Adler, femme de radio, a su imposer sa voix dans le paysage audiovisuel depuis plus de 30 ans. Mais son nom évoque aussi l’histoire du féminisme tant elle a su faire le portrait de celles qui se sont battues pour des idéaux, en mettant ses pas dans ceux de Françoise Giroud, Simone Veil, Marguerite Duras ou encore Hannah Arendt. C’est en 1979 qu’elle se fait remarquer en publiant une thèse sur les premières femmes journalistes ; elle a alors 29 ans, travaille pour France Culture depuis cinq ans. Elle ne sait pas encore que 15 ans plus tard, elle conseillera Mitterrand puis dirigera France Culture en 1999.
Militante, engagée, féministe, c’est aussi une grande amoureuse des mots et de l’art. Lectrice, elle signe il y a quelques années Les femmes qui lisent sont dangereuses (ed. Flammarion). Spectatrice aussi, Laure Adler prend le « risque » du théâtre depuis des années, en s’y rendant presque tous les soirs. L’oeuvre, le décor, le comédien, la voix, le silence… Le théâtre est pour elle un art unique, voire au-dessus de tous les autres. Peut-être le seul endroit où l’on ne triche pas.

Ses premières histoires de théâtre, c’est peut-être dans l’enfance qu’elle se les raconte, en Afrique, où elle grandit, à Abidjan, avant de partir en France à 17 ans. Puis ça sera Avignon, Vilar et les premières révoltes. Elle ne fera pas de théâtre sur scène, mais deviendra spectatrice, se faisant peut-être son théâtre à l’intérieur d’elle-même. Pour ce qui est des révoltes, elle continue de les faire en étant devenue cette femme de lettres et de radio qui tous les soirs nous laisse entendre la voix et les idées des auteurs et autres créateurs de notre époque.

A paraitre : Les femmes artistes sont dangereuses, éditions Flammarion, octobre 2018

Sarah Polacci

 

PACQUOT ThierryGrand témoin du FIG 2018

Thierry PAQUOT

L’ami des lieux
Ni l’école ni le lycée ne l’ont découragé à apprendre pour comprendre. Très tôt, Thierry Paquot cultive une indiscipline qui l’entraîne dans des chemins de traverse. C’est ainsi que, mêlant rencontres, voyages, lectures, rêveries, il en est venu à élaborer une philosophie dédiée aux territoires de chacun.

Contemporain de l’urbanisation planétaire, il s’intéresse philosophiquement aux centres commerciaux, aux grands ensembles, aux gated communities, aux bidonvilles, aux banlieues pavillonnaires, aux gratte-ciel, aux infrastructures, aux ux touristiques, etc., non seulement pour en saisir les spécificités mais afin de les humaniser davantage. Ainsi ses coups de coeur n’ignorent pas ses colères et ses combats... La topophilie ne va plus de soi : les territoires se précarisent sous le coup de la globalisation, les paysages s’homogénéisent et les maisons se banalisent et perdent leur âme. Aussi prônet-il, en compagnie d’ami-e-s, la constitution de bio-régions urbaines où humains et vivants s’accorderaient. Pour lui, toute idée est un combat, tout combat a son éthique et toute éthique alimente notre poétique...

Gilles Fumey

 

Fottorino EricPrésident du salon du livre 2018

Éric FOTTORINO

Ecrivain, journaliste, fondateur du journal le Un après avoir dirigé Le Monde, Eric Fottorino est de ces hommes qui ne s’arrêtent jamais.

Il marche, parfois des heures, dans les rues de Paris. Il pédale aussi, grand amateur de cyclisme, il participe en 2001, à l’âge de 41 ans, à la course du Grand Prix du Midi Libre, puis sera consultant pour la télévision lors du Tour de France. Passion du cyclisme qu’il raconte dans Petit Éloge du Tour de France, publié en 2013. Un récit géographique et intime, dans lequel il décrit la poésie des paysages traversés, mais aussi l’importance du cyclisme dans sa vie, depuis l’âge de 11 ans. Eric Fottorino sort et dort peu, se lève parfois une heure plus tôt pour écrire. L’écriture, un second souffle pour celui qui découvre à 16 ans l’un de ses écrivains-phares : Modiano. L’écriture comme un besoin, celui de raconter d’où il vient. Son prochain roman, 17 ans, à paraitre à la rentrée, parlera de sa mère, après avoir consacré ses derniers livres à ses deux pères – le géniteur et le père adoptif. A travers eux, c’est après ses origines qu’il court, celles d’un arrière-petit-fils de Yahya, juif berbère analphabète.
Enfin il y a le journalisme, comme un autre désir : celui de dire le monde dans lequel il vit. Le journalisme comme un combat, des mots pour comprendre le vaste monde et pour nous empêcher de nous endormir. En créant la revue le Un il y a quelques années, il se lançait un nouveau défi : aller à contre-courant de la tendance du « flux-continue » de l’information, en proposant une nouvelle expérience : celle de prendre le temps de s’arrêter. « Un journal 1-sensé que nous rêvons de rendre chaque semaine 1-dispensable », écrit-il. Eric Fottorino, un éclaireur de notre temps, un écrivain incontournable, et un journaliste 1-dispensable.

A paraitre : 17 ans, éditions Gallimard, août 2018.

Sarah Polacci

 

LEVY JacquesPrix vautrin-lud 2018

Jacques LÉVY

Né en 1952, Jacques Lévy est un géographe français, ancien élève de l’École normale supérieure de Cachan et professeur à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (ÉPFL) depuis 2004. Il anime depuis 2017 le « rhizome » Chôros. Professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (« Sciences Po ») de 1999 à 2007 et invité dans de nombreuses universités et centres de recherche (Berlin, Bergame, Naples, New York, Los Angeles, São Paulo, Mexico, Sydney...), il a fortement influencé l’évolution de la pensée géographique au cours des dernières décennies. Il crée en 1975, avec Christian Grataloup, la revue EspacesTemps, qui a largement contribué au rapprochement de la géographie et des sciences sociales. Plutôt orientés vers la théorie, ses travaux extrêmement novateurs portent sur l’espace politique, la ville et l’urbanité, la mondialisation ou la cartographie. Le Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, qu’il a codirigé avec Michel Lussault, constitue un renouvellement majeur du vocabulaire des sciences sociales de l’espace et une mise en cohérence du discours géographique.

Jean-Christophe Gay